Tendinite d'Achille : causes et traitement
Une douleur et une raideur à l’arrière du talon, surtout aux premiers pas du matin ou en début de course, qui s’estompe à l’échauffement puis revient après l’effort ? C’est la signature de la tendinopathie d’Achille, l’une des blessures les plus fréquentes chez le coureur. Cet article complète notre dossier sur la tendinite et la chiropraxie.
Comprendre la tendinopathie d’Achille
Le tendon d’Achille relie les muscles du mollet au talon ; c’est le tendon le plus puissant du corps, soumis à des forces considérables à chaque foulée. La surcharge répétée provoque des micro-lésions et un remaniement du tendon. On distingue la forme corporéale (au milieu du tendon) et la forme d’insertion (à l’attache sur le talon), dont la prise en charge diffère légèrement.
La raideur matinale qui se « dérouille » à l’échauffement est très caractéristique et aide à reconnaître la tendinopathie.
Les causes : rarement le tendon seul
- Une augmentation trop rapide du volume ou de l’intensité de course (la fameuse règle des 10 % dépassée).
- Un changement de chaussures, de terrain (passage au dénivelé) ou de technique.
- Un manque de mobilité de la cheville ou une raideur du mollet.
- Des déséquilibres en amont : pied, hanche, bassin, qui modifient l’appui et la foulée.
Comme pour toute tendinite, le tendon douloureux est souvent la victime d’un problème mécanique situé ailleurs dans la chaîne.
Ce que fait la chiropraxie
Le bilan analyse la cheville et le pied, mais aussi le genou, la hanche et le bassin, et la foulée :
- restaurer la mobilité de la cheville et du pied ;
- libérer les restrictions du genou, de la hanche et du bassin qui modifient l’appui ;
- relâcher le mollet (gastrocnémiens, soléaire) par un travail des tissus mous ;
- guider un protocole d’exercices excentriques du mollet, traitement de référence de la tendinopathie d’Achille corporéale ;
- conseiller la gestion de charge, le chaussage et la reprise progressive.
Quand consulter en urgence
Une douleur brutale avec sensation de claquement (« coup de fouet ») à l’arrière de la cheville, une impossibilité de se mettre sur la pointe du pied, ou un creux palpable sur le tendon peuvent signaler une rupture du tendon d’Achille : c’est une urgence médicale. Dans ce cas, consultez sans délai.
Questions fréquentes
Peut-on continuer à courir ?
Souvent oui, avec un volume réduit et un travail excentrique, tant que la douleur reste modérée et ne s’aggrave pas le lendemain. Le repos complet n’est pas idéal pour le tendon ; c’est la gestion de charge qui compte. Une douleur croissante impose de lever le pied.
Combien de temps pour guérir une tendinite d’Achille ?
Plusieurs semaines pour une forme récente, souvent quelques mois pour une forme chronique. Le tendon d’Achille répond lentement : la régularité des exercices est déterminante.
Les talonnettes ou semelles servent-elles ?
Une talonnette peut soulager temporairement, surtout dans la forme d’insertion. Les semelles aident si un trouble de l’appui est identifié. Ce sont des compléments, pas un traitement de fond à eux seuls.
La chiropraxie est-elle utile pour les coureurs ?
Oui : la chiropraxie sportive corrige la mécanique et la foulée pour soulager et prévenir la récidive, en complément du travail du tendon. Voir aussi notre page tendinite.
Une douleur au tendon d’Achille qui s’installe ne doit pas être négligée : un bilan de la cheville, du pied et de toute la chaîne permet d’agir sur la cause et de reprendre la course en sécurité.
Sophie Baltaci
Chiropracteur — IFEC Paris, AFC
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de douleur persistante ou de symptômes graves, consultez un professionnel de santé.
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